Collection Ça
Derry dort mal. Les lampadaires peinent à dissiper l’air figé, les égouts palpitent sourdement sous les trottoirs, et les adultes détournent les yeux avec une docilité étrange, presque complice. Les enfants marchent dans une ville décalée d’un demi-ton, familière mais fendue, rongée par des événements que personne n’ose nommer ni affronter. Le mal ne surgit pas, il s’installe insidieusement, tisse sa toile. Il flotte dans les interstices du quotidien, grignote les silences, choisit ses formes, toujours brillantes, toujours fausses, menaçantes par leur banalité. Rien ne crie, tout inquiète dans cette attente sourde. Et quand la mémoire revient, elle emporte avec elle des fragments déformés, images floues, objets déplacés, échos troublants d’un passé enfoui. L’univers de Ça continue de nourrir des créations marquées par la terreur souterraine, le jeu décomposé et l’enfance désaccordée.

