
Un tableau de 4000 pièces, de l'or à perte de briques et le couple le plus célèbre de l'histoire de la peinture : pour sa nouvelle collaboration avec le musée du Belvédère de Vienne, LEGO s'attaque au Baiser de Gustav Klimt, et signe tout simplement la plus grande reproduction de tableau de la gamme LEGO Art. On vous l'annonçait il y a quelques jours : le set 31221 sort le 4 août 2026, et après le pixel art des débuts puis les grands classiques comme la Joconde ou les Tournesols de Van Gogh, la série des « Masterpiece » passe clairement un cap. On fait le tour complet du set dans notre review vidéo ci-dessous, et en voici l'essentiel par écrit, bémols compris.
Klimt peint Le Baiser entre 1907 et 1908, au sommet de sa période dorée, et l'État autrichien l'achète avant même qu'il soit terminé. L'œuvre n'a jamais quitté Vienne : elle est exposée en permanence au Belvédère, qui a développé ce set main dans la main avec les designers LEGO. Le résultat mesure 60 cm de haut sur 54 cm de large pour 3,3 kg, et mise tout sur le relief : les vêtements des amants sont surélevés par rapport à la toile, et les pièces dorées accrochent la lumière différemment selon l'angle, exactement ce que cherchait Klimt avec ses feuilles d'or.

Le montage suit le principe désormais classique des grands LEGO Art : on assemble le cadre, on pose la toile sur de grandes plaques, puis on vient plaquer la peinture en briques par-dessus. Le fond, c'est tout l'ambre du tableau : des tuiles beiges et foncées, des plaques dorées et une avalanche de petites tuiles rondes couleur or. Soyons honnêtes, cette partie relève de la peinture par numéros : méditative si vous êtes d'humeur zen, répétitive sinon. Dans le podcast officiel du set, le designer raconte d'ailleurs qu'il y avait tellement de pièces dorées que la production a été un vrai défi pour LEGO.

Les disques dorés concentriques qui parsèment le halo comptent parmi les plus jolis détails de construction du set, et cassent un peu la routine du fond.

Tout se rattrape sur le couple. Chaque partie des amants se construit séparément avant de venir se poser sur la toile, et les instructions partent dans des directions inattendues. LEGO a respecté le langage graphique de Klimt : motifs carrés et géométriques pour l'homme, cercles et fleurs pour la femme. Petit détail qui fait la différence : les pièces argentées représentent en réalité le platine utilisé par Klimt, l'argent véritable se serait oxydé et aurait noirci avec le temps.


Le passage qui s'annonce le plus exigeant, ce sont les guirlandes de fleurs et le jardin du bas : des dizaines de petites tuiles arrondies à orienter précisément pour dessiner la prairie fleurie. LEGO a d'ailleurs raccourci ce jardin par rapport au tableau original, sans explication officielle. Vu le nombre de pièces à orienter au millimètre, on soupçonne une sage décision.

C'est le pari le plus risqué du set : les yeux et les lèvres de la femme ne sont pas représentés. On ne distingue que ses sourcils et son nez, construits en briques. Le problème, c'est que toute l'émotion du Baiser passe justement par ce visage abandonné : c'est lui qui porte la scène dans l'original. La technique est maligne, mais si vous ne connaissez pas déjà le tableau, l'image peut être un peu dure à lire. C'est exactement la même limite que la Joconde LEGO en son temps.

Comme sur les autres grands LEGO Art, un podcast accompagne le montage : 1h30 de conversation entre Milan Madge, le designer du set (déjà auteur de la Joconde), et Stephanie Auer, conservatrice au Belvédère, accessible via un QR code dans le livret mais aussi sur Spotify et YouTube. Conseil d'écoute : l'essentiel parle de la carrière de Klimt, la partie design LEGO arrive dans la dernière demi-heure.

Autre point qui fait plaisir à ce prix : aucun autocollant dans la boîte, tout est imprimé. À l'intérieur, 33 sachets numérotés, quelques sachets à part avec les grandes plaques de la toile et les pièces souples des guirlandes, et un épais livret. Côté installation, le dos intègre un système de fixation murale en Technic ; à 3,3 kg, prévoyez un accrochage sérieux et un mur qui tient le coup.

C'est probablement le plus beau set de la gamme LEGO Art à ce jour : une vraie pièce de décoration murale qui a de la présence, fidèle à l'œuvre jusque dans ses motifs, et magnifiée par son relief. Restons lucides sur les bémols : 299,99 € reste un vrai budget même si le prix à la pièce est cohérent avec le reste de la gamme, le montage alterne des passages passionnants sur les amants et de longues sessions répétitives sur le fond, et ce visage sans yeux ni lèvres divisera forcément.

Si vous êtes fan d'art et de Klimt, foncez : l'interprétation est fidèle, riche, et l'objet final est superbe au mur. Si vous cherchez avant tout une expérience de construction, c'est plus nuancé : de vraies trouvailles de montage sur les amants, mais aussi de vrais moments de patience sur le fond. Le set sort le 4 août 2026 à 299,99 € sur la boutique officielle LEGO, et vous pouvez comparer les prix des boutiques partenaires depuis la fiche produit en haut de cet article.
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